Présentation
Certaines expériences restent « coincées ». Un accident, une agression, un accouchement traumatique, un harcèlement, une humiliation, une annonce médicale : le souvenir n’est pas seulement un récit. Il revient en images, en sensations, en cauchemars, en sursauts, ou dans des évitements qui rétrécissent la vie. L’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) a été mise au point par Francine Shapiro pour aider le système nerveux à retraiter ces souvenirs, comme il le fait spontanément pour la plupart des événements.
Le principe n’est pas d’effacer la mémoire. C’est de réduire la charge émotionnelle et corporelle qui l’accompagne, pour que l’événement puisse être rappelé sans envahir. Pendant le travail, on utilise en général des stimulations bilatérales alternées, le plus souvent des mouvements oculaires, parfois des tapotements. Le mécanisme exact fait encore l’objet de recherches. L’efficacité, elle, est documentée.
L’OMS et la Haute Autorité de santé retiennent l’EMDR parmi les traitements du trouble de stress post-traumatique. Ce n’est pas une technique « miracle » ni un protocole de bien-être. C’est un soin structuré, avec des étapes, des contre-indications relatives, et un temps de préparation.
Je suis formée à l’EMDR (Institut EMDR France) et je l’insère dans un suivi plus large lorsque c’est indiqué, notamment après un événement traumatique ou lorsque des souvenirs anciens continuent de dicter des réactions actuelles.
Pour qui
L’EMDR concerne les adultes dont les difficultés s’ancrent dans des expériences mal digérées : état de stress post-traumatique, mais aussi, dans certains cas, phobies liées à un événement, deuil traumatique, ou symptômes d’hypervigilance après un choc. Ce n’est pas réservé aux « grands » traumatismes. Ce qui compte, c’est l’impact actuel, pas la comparaison avec d’autres histoires.
Elle n’est pas le premier geste si la personne est en crise aiguë, très dissociée, sans filet social, ou dans une situation de danger toujours présente (violences en cours, par exemple). On ne retraiterait pas un souvenir pendant que la menace est réelle. Un avis médical reste nécessaire en cas de pathologie somatique instable, d’épilepsie mal contrôlée, ou de question autour d’un traitement psychotrope.
L’EMDR ne soigne pas à elle seule une dépression sévère, un TOC, ou un burn-out sans lien traumatique clair. Elle peut toutefois faire partie du parcours si des souvenirs précis entretiennent le tableau.
Déroulement
Le protocole classique comporte plusieurs phases. On commence par l’histoire, la stabilité, et des outils pour revenir dans le présent si les émotions montent trop. Ce temps de préparation n’est pas du remplissage. Sans lui, le travail sur le souvenir peut déborder.
Lorsque c’est possible, on identifie une cible : un moment représentatif, les images, les croyances associées (« je suis en danger », « c’est de ma faute »), les émotions et les sensations. Les séries de stimulations se font par courtes séquences. On s’arrête, on observe ce qui vient, on reprend. Je reste attentif à ce que le rythme soit tenable.
Après une séance de retraitement, de la fatigue, des souvenirs connexes ou une émotion résiduelle peuvent apparaître. C’est fréquent et on en parle. Le nombre de séances varie beaucoup : un événement unique chez une personne stable n’a rien à voir avec une histoire traumatique répétée.
Les consultations durent 45 minutes. Un travail EMDR plus dense peut demander d’espacer autrement les séances, ou de prévoir un temps de reprise à la suivante. Le suivi a lieu au cabinet à Bourgoin-Jallieu ou en visio, selon ce qui reste tenable pour vous.
